lundi 11 août 2014

Itakotaké

Prononcez Ithaque au taquet


Je l'avais précédemment évoqué, aujourd'hui je vous raconte notre visite de l'île d'Ithaque il y a quelques jours, oui au mépris le plus complet de toute organisation chronologique des articles. Nous étions le 2 août, huit jours déjà (parce que là, au moment où j'écris nous sommes le 10, et disponibilité d'Internet oblige ce n'est pas nécessairement la date à laquelle l'article sera publié). Donc, après ce vertigineux retour en AR et les quelques précisions nécessaires pour vous guider, fidèles visiteurs du blog que vous êtes, retourner au temps d'Ulysse vous semblera un voyage dans le temps bien ordinaire (comme quoi rien de tel qu'un bon échauffement).

Pourquoi Ulysse allez-vous me dire ? Je note toute la pertinence de cette question, et justement j'y viens. Tout d'abord vous noterez que le 2 août étant nécessairement situé avant le 7 sur l'échelle du temps (par convention, je n'y suis pour rien. Et non, je ne cherche pas à vous embrouiller), nous étions encore 3 à bord puisque mes enfants n'avaient pas encore pris l'avion pour rentrer en France (le 7 donc, pfff). Mais revenons à Ulysse (on est un peu sous son patronnage pour cette odyssée) puisqu'il se chuchote qu'Ithaque est sa patrie. Oui mais voilà, d'autres sous-entendent que ce serait plutôt l'île de Levkas...tout cela passionne les foules il va sans dire, aussi conformément à notre vœu de neutralité, nous ne souhaitons pas entrer dans la polémique et nous n'en ferons pas un fromage (de brebisss bien sûr). Par ailleurs cela est si loin et si vestiges il y a, cela doit ressembler davantage à quelques vagues blocs de pierre taillées  qu'à un palais antique. Laissons donc Paul et Mike en débattre et trancher la question pour nous, et vaquons à nos occupations culturo-touristiques habituelles : la sieste et l'apéro. Heuuuuu je veux dire les visites de musée, l'archéologie, les mathématiques ou la physique quantique et l'étude des planètes bien sûr...

Or donc, nous avions décidé de parcourir l'île par l'intérieur et non par ses côtes, une fois n'étant pas coutume. Armés de nos meilleurs tongs, la chaussure officielle du bord étant le pied nu (oui même si possède 2 pieds,  c'est une expression, ça ne veut pas dire qu'on se déplace à cloche-pied sur le bateau re-pffff ), nous nous sentions ainsi un peu tout endimanchés mais parés et équipés, apte à faire dans des conditions décentes, une bonne marche, 150 m au bas mot nous séparant du loueur de scooter le plus proche...

Vous ne pensiez tout de même pas que nous étions partis pour explorer l'île à pied tout de même !! Chaque époque a son véhicule, Ulysse se déplaçait à dos d'âne pour nous ce sera le scooter (et le dax) !

Passons les difficultés d'équivalence de permis cyclo qui font que Hugo n'avait pas le droit de conduire un scooter ici, et le contrat à mon nom fait en toute illégalité, mais avec la bénédiction de la loueuse (j'aime quand les choses peuvent s'arranger malgré des législations pointilleuses empêcheuses d'explorer en rond), nous voilà partis, Hugo sur le scooter et Camille et moi sur le Dax.

A ce point du récit une parenthèse s'impose (non, pas encore une !) : je devais vous parler du daxou, j'ai un peu hésité à l'amener et puis en fin de compte, j'ai pensé qu'il pourrait me servir pour les explorations des îles en facilitant les déplacements. Pas simple pour lui trouver une place en navigation, mais le cockpit d'Alizée est grand. Pas commode non plus à débarquer sur le quai, il faut que je trouve une planche quelque part. A Corfou je m'en suis fait prêter une par Harry, le super sympa et efficace maître de port du Yacht Club. Une photo valant mieux que toute une explication, voici le Dax :


(Le dax sur le quai derrière Alizée à Lakka / Paxos)

Bon il accuse ses 37 ans et l'île d'Ithaque étant d'origine sismique, les montées étaient poussives avec Camille comme passagère et si nous avions croisé Ulysse pas sûr qu'il ne nous aurait pas doublé avec son âne... j'entend d'ici les ronchons dire que si nous l'avions croisé, il n'aurait pu nous doubler, ce serait ignorer ce qu'est la licence poétique aussi je ne relèverai pas.
Une stratégie différente s'imposant, Camillou a changé de monture et elle a continué le périple en tant que passagère de Hugo (et nous avons re-dépassé Ulysse et son âne). Vive le progrès !!

Bien j'arrête de parler pour ne rien dire et comme vous avez été suffisamment patient pour en arriver à ce point de l'article, je vous mets quelques photos et vidéos d'Ithaque. Accrochez-vous c'est parti et comme nous sommes motorisés, ce sera "au taquet"!













































(Vidéos d'Ithaque remplacées par des photos pour cause de compression de personnel et de budget)

vendredi 8 août 2014

Un ouzo sinon rien




Une toute petite navigation aujourd'hui me conduit vers le nord de l'ile, que dis-je le nord ? Le Norrrrrrrd plutôt (avec l'accent de Galabru et notez la majuscule) jugez vous-même : l'eau est a 25,7 degrés, un scandale !! Nous étions a 28 à Corfou... un court instant j'ai envisagé de déposer une plainte, mais me souvenant des longueurs (et langueurs) administratives, finalement j'ai pris la sage décision de me baigner moins longtemps, voila tout ! (Oui mais bon, quand même !! On a ses habitudes quoi !)

Je souhaite me rendre sur la cote occidentale de l'ile (en passant vers le nord de l'ile donc et en empruntant le détroit de Corfou, qui sépare l'ile, et donc la Gréce, de l'Albanie) vers un mouillage nommé Palaiokastritsa dont on me dit le plus grand bien. Mais vu l'heure tardive du départ du port du Yacht Club de Naok à Corfou, car j'avais pas mal de petites choses a faire ce matin : passage à la pharmacie, puis aller dans un magasin de bricolage pour trouver de quoi percer un trou de 16 mm, dans un magasin d'accastillage pour prendre un interrupteur poussoir (de 16 mm justement) repéré la veille, puis faire des courses et enfin préparer le départ, embarquer le dax qui m'a bien servi pour faire tout ça (je vous parlerai du "daxou" dans un prochain article) heuuu, ah oui l'heure tardive donc : je suis parti vers 13h30 n'ayant rien mangé encore. Je me suis donc rendu au sud de Corfou (pour aller au "Norrrrd" il y a plus court !) afin de mouiller prés de la minuscule ile de Panayia Vlakhrnon (à vos souhaits !) qui doit être l'objet de l'une des photos les plus connues type "carte postale" de la Gréce, sauf que moi j'étais dessus la carte postale ! Tiens, je résiste pas, je vous en met 2 ou 3 pour le même prix !






Pardon on m'apporte un deuxiéme Ouzo et j'adore les "cacahuétes" servies avec (sur fond de musique traditionnelle touristique grecque)
Pas Navarre pour 2 sous (...)  je vous mets une 'tite photo :


avec l'Ouzo c'est une tuerie !! Le boss s'appelle Kosta Kaparelli et la "taverna" Kaparelli, la voilà :



tous les soirs il y a une spécialité me dit-il, et ici dans cette petite crique ce n'est pas un coin à touriste, une bonne adresse :-) 



Et ce n'est pas Alizée qui m'observe là-bas (et qui compte le nombre d'Ouzo) qui me contredira, hahahaha !

Bon il faut aussi que je vous parle de notre visite de l'ile d'Ithaque avec les enfants (qui sont rentrés en France hier, sniffff) et vous montre un peu les photos que nous avons faites : exceptionnelles (et je pèse mes mots) mais ceci fera l'objet d'un autre article...faudra revenir !


Allez, je vais manger, il y a des odeurs auxquelles on ne résiste pas...
Λ βiεntøt, hihihihi


jeudi 7 août 2014

Corfou la charmeuse




C'est là tout l'avantage du square, ses ombrages me fournissent la fraîcheur, toute relative mais si précieuse d'une après-midi d'août à Corfou (prononcez Kerkira ou Kerkyra). De plus la situation est stratégique car de ma position j'aperçois la citadelle et juste de l'autre côté, la vieille ville. Ajoutez à cela que le moment aussi est propice : ici l'air circule, et de l'air l'après-midi il y en a ! Cela tombe bien la chaleur est extrême. Finalement la nature fait bien les choses, le matin douceur des températures et l'après-midi,  chaleur et vent pour tempérer, la climatisation est une invention qui ne sert qu'à enfermer les gens dans des bureaux....

Stratégique car comme cette ville à des quantités de choses à dire, je vais interroger son architecture.
Les bruits de la ville s'estompent et le vent qui circule et serpente entre les ruelles en sifflant module ses soupirs, et peu à peu ce sont des murmures qui me parviennent. D'abord inaudibles puis incompréhensibles et petit à petit s'articulant en des syllabes susurrées. Quelle est cette langue, étrangère mais pourtant si familière?  Ce sont les pierres qui me parlent et me content l'histoire de cette ville.



Le language des pierres est partout le même, c'est la langue des occupants successifs, des bâtisseurs successifs, peuples d'invasion ou envahis, guerriers ou fuyant la guerre, agriculteurs ou colons. Je les écoute me dire pourquoi cette ville à su me charmer, pourquoi ici on trouve un mélange d'Italie de ruelles étroites et colorées, de chapelles perdues au détour de l'une d'elles. Pourquoi cet alignement de colonnades en pierre de taille,

 paré de lourdes lanternes fait penser à un Paris du XIX ème siècle. Pourquoi cet élancement soudain vers le bleu si pur du ciel d'un fronton portant deux cloches surgissant d'un mur d'une maison par ailleurs banale me fait penser aux conquistadors,  à l'Espagne et peut-être même au Mexique?



 Et c'est sans doute, parce que ces façades chargées d'histoire, manquent d'entretien que c'est maintenant à Cuba que je pense.



Je suis étourdi, ce voyage dans le temps et les cultures qui se sont encastrées ici pour mon plus grand bonheur, me donnent le tournis. Je sors de ma torpeur et les bruits de la ville se font à nouveau présents, les murmures disparaissent. Ais-je rêvé? Les pierres parlent-elles vraiment ce language universel? Me suis-je assoupi à l'ombre de ce murier platane?
Je repars vers le port, des images plein la tête, le sourire aux lèvres, charmé. Corfou m'a envoûté, Corfou m'a fait voyager. L'espace d'un somme j'étais le vent et les pierres, la ville m'a parlé, merci.



A bientôt Corfou...

samedi 2 août 2014

Mille miles




Terre, Terre !!

Lorsque a bord des caravelles de Cristophe Colomb découvrant ce qui sera connu plus tard comme étant les Caraïbes, (mais ce qui pour la postérité restera comme étant  les Amériques), ce cri célèbre retentit, il paraît que la mutinerie était proche d'éclater à bord.

Tout cela se passait bien avant l'invention de la crème mont blanc. Car de nos jours, les navigations mêmes lointaines ne sont plus exposées à ce risque de révolte et tout capitaine souhaitant s'en prémunir devra au préalable à toute traversée ne pas oublier quelques boîtes de la précieuse dans ses stocks. En effet, il suffit de promettre à son (jeune) équipage une part de cette crème onctueuse et disons-le savoureuse, pour que l'attention se porte instantanément sur l'horizon et que les miles parcourus s'avalent d'autant plus facilement qu'ils préfigurent une autre sorte d'ingestion à la saveur connue et unanimement appreciée...

Aucune gloire donc à tirer de cette traversée, et c'est un équipage aguerri, sinon blasé qui observera avec une certaine forme de nonchalance l'apparition sur l'horizon du profil caractéristique de la terre, en l'occurrence l'île de Kefalonia également connue en France sous le nom de Céphalonie.

Ce fut une traversée parfaitement solitaire puisque nous n'aperçumes aucun bateau ni d'autres feux de navigation que les nôtres dont le dandinement régulier au bout de notre étrave contribuait non pour peu à entretenir notre somnolence au cours des longs quarts de nuit. Malgré tout, c'est à vive allure que nous avons effectué cette traversée, profitant des bonnes grâce d'Eole dont la force et la direction dans la fourniture des vents qu'il nous proposa, nous permit de la boucler en 30 heures seulement et de façon confortable (quoique la houle traversière à la fin....mais c'est sans doute mon côté éternel insatisfait qui cherche à s'exprimer ici) et quant à la boucler, il s'agit bien entendu de la traversée, cela va sans dire.

Traversée solitaire donc mais qui tenait sans doute au choix de la route, puisque nous avions choisi de faire cap direct sur la Grèce plutôt que de remonter sous la botte de l'Italie. (D'ailleurs ceux qui me connaissent, savent que de se trouver sous la botte de quiconque ne fait pas partie de ce que j'apprécie le plus.)

Mille miles donc après notre départ de La Ciotat, nous y voici ! La voilà cette terre dont les contours se dessinent peu à peu sur cet horizon que nous ne peuplions jusqu'alors que de contours fantasmés ! Les voici ces îles longtemps rêvées. A nous les petites criques sauvages, les belles navs entre les îles, les ports atypiques où tous les bateaux se mélangent, ferry, yachts, pecheurs.

Mille miles plus loin, nous sommes arrivés au début de quelque chose de nouveau où l'inconnu est la règle. Tout cela est bien rafraîchissant ! 

A bientôt...